« Analyse du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », un livre d’un jeune auteur Burundais : NTAMATUNGIRO Fabrice.

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NTAMATUNGIRO Fabrice, auteur Burundais.

NTAMATUNGIRO Fabrice  est un jeune Burundais qui vient de publier son livre intitulé «ANALYSE DU DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D’EUX-MEMES »  aux éditions universitaires européennes. Il fait déjà partie de ces jeunes Burundais qui tentent d’écrire malgré la grande difficulté d’édition que rencontrent les auteurs Burundais. « Analyse du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » est un livre de 88 pages qui se comporte comme une contribution  au droit international public. Pour lui, écrire c’est quelque chose d’inné. Chaque fois qu’il décide d’écrire, les idées viennent vite. C’est ce qui justifie d’ailleurs son imagination fertile. Il fait savoir qu’il a déjà en tête l’idée de publier un roman intitulé « La vertu de la vengeance » qui tournera autour d’une histoire intéressante démontrant comment se réconcilier entre frères.

 

Pourquoi «ANALYSE DU DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D’EUX-MEMES »?

Couverture officielle « Editions Universitaires Européennes »

 Fabrice est un jeune Burundais qui a été profondément marqué par l’histoire de son pays. Il a grandi dans un contexte de guerre qui a secoué le Burundi depuis la déclaration de l’indépendance. La politique et la justice sont deux éléments qui ont beaucoup influencé le choix du thème de ce livre. C’est un livre qui résulte de sa longue réflexion sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes au sein des régimes démocratiques africains malmenés parfois par les puissances occidentales, et remet en question l’organisation des nations unies face à la mission qui lui a été assignée. Il a écrit ce livre pour alerter le monde face à un danger de retour à l’état des guerres incessantes et tente de proposer l’idée d’une nouvelle organisation  qui serait apte à parfaire sa mission pour bien jouer efficacement son rôle  dans le concert des nations. Les bases de ce livre sont tirées de son travail de mémoire à l’Université. C’est dans ce cadre qu’il envisage  de faire un Master en droit international ou relations internationales.

Extrait :

« S’étant dépouillés d’une certaine part de leur liberté pour l’harmonie et l’intérêt général et l’ayant laissé à la disposition de l’Etat pour cette fin, un peuple ou les citoyens d’un même Etat ont un droit collectif à disposer d’eux-mêmes ou à l’autodétermination. Violer ce droit entraîne toujours des faits sociaux difficiles à gérer et à traiter. Sa violation est toujours à l’origine des changements sociaux ; mais à quel prix ? L’Organisation des Nations-Unies a été créée dans le but de garantir et préserver, la paix, la sécurité et le développement mondial, mais les grandes puissances méconnaissent de plus en plus ces buts (la charte de l’ONU). Ainsi nous-posons-nous des questions sur l’efficacité de l’ONU. Mais aussi la violation de ce principe à l’interne même des Etats, n’est-elle pas alarmante ? C’est dans cet esprit que nous avons abordé notre sujet « ANALYSE DU DROIT DES PEUPLES A DISPOSER D’EUX-MEMES », dans l’espoir qu’il servira à l’humanité afin de nous épargner le retour à l’état de nature qui est, selon Thomas Hobbes, « la guerre de tous contre tous » et de garantir la paix mondiale. »

Le vrai visage du jeune Fabrice

Jeune célibataire et membre fondateur (Président du comité Exécutif de 2013 à 2017) de l’association IZUBA (Intwari ziharanira Uburundi burangwa n’amajambere), il est né en 1987 et a fait ses études universitaires à l’Université du Lac Tanganyika faculté de droit. C’est un vrai passionné du sport et des questions touchant la politique. En 8 ème Année, alors qu’il n’avait que 14 ans, son passage dans un mouvement de rébellion au Burundi  où il a occupé des postes comme idéologue, secrétaire, responsable du comité des jeunes dudit mouvement au sein des écoles secondaires et au niveau des zones…montre clairement que le jeune Fabrice a toujours eu le désir de changer les choses. Bien qu’il ait décidé d’abandonner la rébellion pour être plus actif dans les milieux associatifs, la politique de son pays natal l’intéresse toujours. Il pratique le karaté et les samedis, consacre son temps à escalader les montagnes.  Issu d’une fratrie de 7 enfants (sixième de la famille), il a su toujours garder en lui l’espoir de voir un jour le Burundi prendre une nouvelle direction à l’exemple du Japon. Actuellement, il est président du conseil de surveillance de l’association ADP-B (Artisans de paix Burundi). Il faut également souligner que ses talents de leader ont fait de lui le Délégué Général du Lycée Scheppers de Nyakabiga de 2006 à 2007. En 2015, en pleine crise, il  fait le choix de s’engager dans un collectif des jeunes chrétiens(Les lumières) pour éviter de se focaliser sur ce qui se passait à ce moment. Cela parce que dans ce collectif, le développement individuel, le débat sans tabou sur tous les sujets (politique, sexe, les ethnies, etc.) et les œuvres de charité… étaient mis en avant.

Une enfance mouvementée

 Son esprit de rassembleur a commencé à se manifester dès son jeune âge. Il ne fait pas partie de ceux qui ont connu une enfance timide. La tienne était très mouvementée. Le football est un sport qu’il a pratiqué sans modération. Il se rappelle sans difficulté ses jeux d’enfance dans le quartier très populaire  de « Kinama ». A Gatumba, la chasse avec les chiens qu’il a effectuée avec ses amis a laissé des traces indélébiles dans sa mémoire. On parlera de l’acrobatie (les chutes libres sur le sable mouvant), les baignades dans les eaux de la Rusizi, la pêche etc.

 

Source d’ inspiration

Le jeune Fabrice est un grand lecteur. Parmi ses auteurs préférés, Alexandre Dumas vient en premier. Des livres à savoir « Les trois mousquetaires », « Vingt ans après », « Le chevalier de maison rouge » ont influencé sa vision du monde. Parmi les leaders politiques qui l’influencent énormément, c’est notamment Napoléon Bonaparte, Nelson Mandela et Martin Luther King. En passant, il estime beaucoup Vladimir Poutine.

Il cache aussi en lui les talents de poète

Je m ‘interroge et personne n’intervient
Viens, viens Passé et passe avant que le Futur ne vienne.

Viens, viens Passé, passe devant nous et parle-nous de ce qui s’est passé;
Parle, Passé;
Est-il vrai que les Hutu et les Tutsi n’étaient pas d’accord sur la date de l’accession à l’indépendance?
Ainsi que les Bezi et les Batare?
Est-il vrai qu’en 1965 les massacres commençaient?
Est-il vrai qu’en 1972 il y a eu un génocide hutu?
Et en 1988 un massacre des Tutsi et des Hutu?
Dis-moi, parle Passé, est-ce qu’en 1993 c’était un génocide tutsi?
Est-ce que vraiment l’ethnie a tué ou l’ethnie a été tuée?
Est-ce que dans l’une ou l’autre ethnie, il y aurait eu ceux qui se sont opposés à ces tueries et ont sauvé des vies?

Viens Passé, revèle-nous ce qui s’est passé
Afin qu’on te laisse et que tu passes pour laisser passer le Futur.
Viens Passé, parle-nous et passe!

Un message pour tous les jeunes Burundais

Quand il est question de laisser un message à tous les jeunes Burundais, Ntamatungiro Fabrice  n’y va pas  par quatre chemins. Il est clair et net : Nous devons nous défaire de nos ethnies et admettre nos différences « Un seul peuple, un avenir commun ». Nous devons penser comme un peuple. Il nous appartient à tous de donner naissance à un Burundi où chaque Burundais a droit au bonheur, a accès aux loisirs, a un niveau économique élévé,…un Burundi où le mérite, l’excellence, l’équité, la solidarité, la fierté nationale, la tolérance politique…sont une évidence.

Ezéchiel NDAYIZEYE

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