Avec la talentueuse kerry kermel , la « nuit des idées » a incroyablement rimé avec le slam !

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A Bujumbura, la nuit du 25 janvier 2018 était devenue un bruissement de rêveurs. Des citadins invités par l’IFB (Institut Français du Burundi) en partenariat avec YAGA avaient répondu massivement à l’invitation. Ils étaient là parce que dans le monde entier, on célébrait la grande nuit des idées. C’était une nuit où tout était permis…rêver jusqu’à l’infini, rêver sans tenir compte du statu quo, rêver de l’impossible…une nuit de paroles tranchantes, de débats libres, de palabres à couper le souffle…Lancée pour la troisième fois, dans plusieurs villes de pays différents, il était question cette fois-ci de mettre l’imagination au pouvoir…Et le slam s’imposa. Eh oui, dans cette nuit, des artistes, slameurs, poètes, peintres, dessinateurs,… étaient au rendez-vous. Au milieu de la foule très branchée trônait une slameuse. Aucun mot de ce qui se disait ne l’échappait. Avec son smart phone, elle  notait, décryptait et synchronisait habilement les idées sans frein …Son imagination toujours fertile parcourait toute la salle et parvenait à capter même le souffle nu qui accompagnait les mots contradictoires qui partaient dans tous les sens…Et si tout était privatisé ?? Il fallait se creuser les méninges pour cracher le mot …exercice pas facile. Celle qu’on surnome déjà kerry kermel Rasla, la redoutable slameuse de la capitale…avait certainement un mot à dire. Tous fatigués d’avoir laissé couler de grandes quantités de salives, on lui céda le micro…Une voix suave qui montait doucement suivant une cadence qui n’a pas de nom s’empara de toute l’atmosphère et s’imposa. De l’ombre vers la lumière, on voyait un visage épris de liberté, un corps élancé qui bougeait au rythme d’un flot rempli de rage…et des mots pas comme les autres se faisaient entendre. C’était bien elle, kerry kermel Rasla…la Slameuse !

 Et moi, je « slame », c’est mon rituel…

Salam à vous messieurs, mesdames !
L’air se refroidit, la tension monte,
Et moi, je vous propose un slam.
Salam artistes en illustration,
Coup de tam-tam,
Ici règne la liberté d’expression.
La nuit fait place aux idées,
Et les idées aux idéaux.
Transcrire ce qui laisse de glace
Quand la privatisation nous ouvre les rideaux
Face à une société où l’individualisme s’installe à petit feu,
Moi, je décide de rendre hommage
À cette meilleure amie qui m’a tendue la main
Lors de mes jours ténébreux.
Ma meilleure amie, la connaissez-vous ? Je ne crois pas…
Elle est belle, elle est chic, elle vise la moitié des salaires
Que de l’or sur ses doigts, elle brille, elle est la fille à son père,
Exigeante, les pauvres n’ont pas de place dans son cœur,
Elle n’a pas besoin de quémander,
Encore moins de courir après le bonheur.
Elle s’est mise en quarantaine
Car elle voulait prouver qu’elle pouvait vivre à ses dépends.
Des fois inhumaine envers ceux qui n’ont pas de monnaie,
Mais pas toujours… enfin, ça dépend…de ses dépenses,
De ses démentes démences, du poids de ses errances, des carences,
Mais surtout de son effervescence.
Autrefois gamine, mais elle ne demande qu’à devenir une femme.
Quitter le toit de son père, atteindre la cime,
Prendre son envol sans faire beaucoup de drames.
La vie est une lutte, mais la sienne est un débat
Et moi, je me retrouve sur scène, entre deux émois.
Et son père, l’Etat, le connaissez-vous ? Je ne crois pas…
Je le vois souvent circuler en ville,
Il croule sous le poids des dettes, mais a su donner une belle vie à sa fille
Il souffre de son envie d’émancipation,
Mais que faire ? Il ne peut se plaindre,
C’est lui qui a mis au monde sa fille: la PRIVATISATION.
Des différends ne manquent pas entre les deux,
Mais la famille reste ce qu’il y a de valeureux.
État et privatisation en duel
Et moi, je « slame », c’est mon rituel.
Ma plume comme une arme, ce sont vos cœurs que je vise,
Car ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise.
Émotions en duel,
Et moi, je « slame », c’est mon rituel.
#KerryKermel#
 Proposé par Ezéchiel NDAYIZEYE, Equipe Jeune Talent
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