« Je suis un migrant », plus qu’un poème. Un hommage!

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Photo par PARIS MATCH

« Je suis un migrant » est un texte d’une jeune poète Burundaise qui vient de paraître dans l’anthologie « CONVERGENCES : positiver l’autre ». Fleurette HABONIMANA (Slameuse, blogueuse, étudiante) nous invite à penser au sort qui est réservé  à tous ces jeunes qui prennent l’Europe pour l’Eldorado. Déjà, on entend des cris partout sur le continent, des voix qui condamnent catégoriquement le commerce d’esclaves-migrants découvert en Libye. On croyait que cette pratique ignoble était enterrée pour toujours, mais ce n’est pas le cas. Des humains sont encore vendus au 21ème Siècle. Horrible !! Comme tant d’autres artistes Africains, Fleurette rend hommage à tous ceux que la mer a déjà engloutis et ceux qui, après avoir bravé les vagues et vents impétueux, ont survécu au naufrage.

Je suis un migrant

Au bord d’un bateau de passeur
Je pars sans avoir de destination,
Vers ce continent qui fera ma ration.
Difficile, je doute si je vais y arriver.
Assis en masse à l’intérieur de ce navire,
Avec des individus de races confondues,
Nous nous regardons, personne ne dit rien,
Pas facile de communiquer avec mes frères et sœurs
De l’autre bout du monde.
J’écoute mon cœur qui bat,
Je sens mon corps qui tremble,
Le froid intense au bord de ce navire
Me déconnecte de tout rire.
Il se crée du désordre dans ma tête,
Un brassage d’idées fait rage :
Je pense et repense à cette nouvelle vie
A ce continent que j’ai tant envié.
Je pense et repense à ma famille
Laissée sans aucun secours
Sans aucune assistance,
Sans aucun témoignage d’affection.
Mais le seul problème que j’ai,
Impossible de savoir l’accueil
Qu’on me réserve parce que je suis un migrant.
Je n’arrête pas de penser à ce voyage douloureux
A la merci de tous les maux,
Navigant dans la Méditerranée aux eaux profondes,
Qui pourrait devenir mon cercueil d’un moment à l’autre.
Je me souviens de ce petit garçon retrouvé noyé
Sur les côtes d’une plage quelque part.
Je me souviens de ces femmes et hommes
Retrouvés morts noyés dans cette mer.
Et je ne peux que rendre hommage
A tous ceux qui ont succombé à ce naufrage.
Je pars sans aucun sentiment de retour
Dans mon pays,
J’y vais pour confronter mon destin,
Ce destin qui me hante à maintes reprises,
Vers ce continent beaucoup mieux prisé,
A travers lequel je m’étais forgé
La toile d’une vie aisée.
Mais le seul problème que j’ai,
Impossible de savoir l’accueil
Qu’on me réserve parce que je suis un migrant.
Arrivé sur les côtes de cette belle flotte,
Je suis accueilli par une atmosphère
Autre que celle attendue,
Une ambiance rimant de mauvaise mine
Me calomnie sans cesse,
Je vois s’ériger des barricades devant moi,
Sur celles-ci on pouvait lire :
PAS DE MIGRANTS, NO MIGRATING !
Extrait du poème « je suis un migrant » signé Fleurette HABONIMANA /3 ème anthologie SEMBURA 2017 « Convergences : Positiver l’autre »
Ezéchiel NDAYIZEYE
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