Lune Chancelle, une ambition artistique florissante.

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Photo Lune Chancelle INAMAHORO

Nous vous l’avons toujours dit et nous ne cesserons de vous le répéter : le Burundi est un petit pays non en potentiels, mais en superficie. Parce que nous savons tous qu’il regorge incontestablement de talents inimaginables. Des jeunes bourrés de talents sont éparpillés partout dans le pays. Justin MUGISHA, un des membres de l’équipe « Jeune Talent » nous invite à découvrir une fille  peintre et dessinatrice qui met en évidence le savoir-faire et la grande ambition de la femme Burundaise avisée.

 Les arts plastiques, c’est son monde à elle. Celle qui porte fièrement le nom de Lune-Chancelle INAMAHORO  est cette fille qui attire notre attention. Bien qu’elle ait manifesté pour un temps sa présence au sein de l’Ecole Technique Secondaire de l’Art (E.T.S.A) dans la section Arts plastiques, son talent lui vient de Dieu. Le sage l’a bien dit : « On naît artiste, on ne devient pas artiste ». Déjà, dans son enfance, elle était une grande flagorneuse du travail de son grand frère qui, comme elle, était peintre et dessinateur.

Son adolescence a été jalonnée par  un ardent désir de visionner des dessins animés et feuilleter farouchement des bandes dessinées. Tout ce qu’elle voyait, elle le dessinait. Reproduire par des dessins les images qui défilaient sans cesse devant ses yeux-guetteurs était comme une obsession.

Etre douée, elle était et elle l’est toujours. Malgré que ses camarades de classe appréciassent beaucoup le fruit de ses efforts, une peur de montrer aux autres ses travaux la hantait. Mais cela ne l’empêchait pas d’éprouver un grand plaisir en réalisant ses œuvres. Ça c’était une histoire de cycle inférieur. Après la 10 ème  Année, c’était le cycle supérieur. A sa grande surprise, comme elle l’avait tant désiré, elle fut orientée à l’E.T.S.A de  Gitega. Et sa famille n’a pas hésité à se ranger derrière elle. Ce qui était étonnant, c’est que, dans sa promotion, c’était bien elle seule qui fut choisie. Encouragée par sa propre famille, l’angoisse de quitter la capitale pour aller s’installer à Gitega n’a pas eu l’occasion de prononcer son mot.

Notre Lune-Chancelle a compris à temps le prix à payer pour réaliser ses rêves. Elle n’a pas eu beaucoup de peine à s’adapter au nouveau style de vie et environnement de travail au sein de l’E.T.S.A. Nuits blanches, courage et persévérance rimaient ensemble. Une période de dures épreuves a fait son passage, de graves problèmes de maladies l’ont assaillie, mais elle a fini par réussir. Sa famille n’a cessé de lui témoigner son soutient.

Rester les bras croisés, c’était un péché pour elle. Se comparer à ses camarades garçons, c’était un défi à relever  chaque jour. Elle se battait sans relâche pour garder toute inspiration qui oserait traverser son esprit. Elle se souviendra toujours de sa première performance artistique devant un public. C’était lors d’un mini-concert à la Paroisse Saint Joseph de Ngagara. Sa peur du public devrait obligatoirement être surmontée. Et c’est ce qu’elle a bien fait.

Et l’argent dans tout ça… ?

Contrairement à ce que disent certains artistes  qui estiment que la qualité doit être conditionnée par l’argent offert par le client,  Inamahoro dit que c’est un travail bien fait qui compte d’abord. Si un artiste gagne peu d’argent pour un travail de qualité, ce n’est pas la fin du monde. Au moins, il aura sauvé sa crédibilité. Et on sait que dans le monde de l’art, la crédibilité est précieuse comme de l’or.

Chancelle veut se distinguer des autres dans son art. Elle  aime la compétition. Elle vise l’excellence dans tout ce qu’elle fait. Elle a un grand souci de produire un travail de haute qualité. Elle a aussi une grande vision de perfectionner son art à travers les études universitaires. Elle conseille aux autres jeunes, en particulier les filles, à exploiter le potentiel qui est en eux.

Justin MUGISHA

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