Quand le « slam » enflamme les cœurs…

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La soirée du 9 novembre 2017 restera un moment inoubliable. Les slameuses et slameurs de la capitale Bujumbura s’étaient donné rendez-vous dans la fameuse salle de spectacle de l’Institut Français du Burundi (IFB ex CCF).  Leur grande ambition était d’offrir au public une ambiance de rimes et de vers hors du commun. La célèbre et unique scène slam « JEWE SLAM » commence à marquer petit à petit les esprits des « bujumburois ».

A 17h, c’était le grand rendez-vous. Une heure avant la montée des artistes sur scène, était prévu un visionnage d’un documentaire sur le slam intitulé « Slam ce qui nous brûle ». C’est un documentaire réalisé par Pascal Tessaud.  Il retrace le parcours artistique de quatre slameurs qui sont déterminés à faire du slam un art libre et populaire.  Les deux maîtres de cérémonie (MC)  n’ont pas tardé à rejoindre la scène après le visionnage.  Ils ont profité de cette occasion  pour remercier le public qui avait répondu massivement à l’invitation. Bien armés pour galvaniser la foule, à travers un coup de sifflet verbal, ils ont annoncé le début de la scène.  Tout le monde était invité à voyager pendant deux heures à travers un univers poétique  bondé de joutes orales. Un grand silence perturbé de temps en temps par de petits bruits des esprits émerveillés s’est installé progressivement. La romance, la mélancolie, le lyrisme, la révolte…des styles que le public savourait dans une atmosphère de joie immense. Comme c’est la tradition chez « JEWE SLAM »,  les dernières trente minutes étaient réservées à l’ « Open mic », une pratique donnant la parole à tout le monde. A partir de cet instant magique, la scène slam était ouverte à tout le monde.  Celui ou celle qui aurait envie de régaler le public par  une chanson (Rap, Rnb,…), un texte slam ou un poème …était le ou la bienvenu(e). A la fin, le public n’a caché ses émotions : « La scène slam était nickel», selon Cissé. Quant à Massoud « la fête était bien préparée et bien assaisonnée du piment. »

JEWE SLAM, brassage artistique

Depuis 2009, le « slam » a fait son entrée dans l’histoire de ce pays. Des groupes de slam se sont formés d’ici et là au fil du temps. Et   « JEWE SLAM » qui est un collectif de jeunes slameurs et slameuses de différentes nationalités vient  vivifier cet art qui commençait à boitiller. Ce brassage artistique et culturel est animé avant tout d’un esprit de partage de textes et d’expression libre. C’est un collectif qui veut faire connaître et promouvoir le slam au Burundi. Pour consolider sa notoriété au sein  de la société burundaise, une « scène slam » est prévue chaque deuxième jeudi du mois.

Par Fleurette HABONIMANA

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